Ce blog vient en complément du site du Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme] (www.collectifvan.org). Le Collectif VAN lutte contre le négationnisme d'Etat de la Turquie qui, près d'un siècle après les faits, refuse toujours de reconnaître le génocide arménien de 1915 et ses 1 500 000 victimes.

Friday, October 23, 2020

2020-10-23 : Veille-Média du Collectif VAN

 


Retrouvez chaque jour la Veille-Média du Collectif VAN. 

Voir ci-dessous notre revue de presse du 23/10/2020. Bonne lecture !

https://docs.google.com/document/d/1GXQSfrvDWhmsRq-ANj39iZhZw3LGZ4t-6lHfVRzWmKw/edit?usp=sharing

 

Nota : Le site collectifvan.org est en maintenance et remplacé actuellement par notre Blog collectifvan.blogspot.com/

Turquie : Ouverture du procès pour le meurtre de l’avocat kurde Tahir Elçi


Info Collectif VAN - www.collectifvan.org – Le Collectif VAN vous invite à lire ce Communiqué de presse d’Amnesty International publié le 21 octobre 2020.

 

Amnesty International

Communiqué de presse

Turquie. L’ouverture du procès de trois policiers fait espérer que justice sera rendue dans l’affaire du meurtre d’un avocat

 

21 octobre 2020, 11:06 UTC
Updated: 22 octobre 2020, 16:47 UTC

Le procès de trois policiers accusés d’avoir tué Tahir Elçi, avocat de renom spécialisé dans la défense des droits humains, laisse entrevoir une possibilité d’obtenir justice, moment qui n’a que trop tardé, a déclaré Amnesty International. Le 28 novembre 2015, Tahir Elçi a été abattu d’une balle dans la tête peu après avoir fait une déclaration lors d’une conférence de presse dans la ville de Diyarbakır, où la première audience du procès de trois des accusés se tient mercredi 21 octobre.

Un rapport publié en 2019 par Forensic Architecture a conclu, en procédant par élimination, que l’hypothèse la plus probable est que Tahir Elçi a été tué par un des trois policiers présents sur place. Ces fonctionnaires sont accusés d’avoir « causé la mort par négligence coupable », chef passible d’une peine de deux à six ans de prison.

« Cruelle ironie, c’est la violence que Tahir Elçi travaillait à éradiquer qui lui a coûté la vie. Obtenir justice pour Tahir Elçi serait une véritable lueur d’espoir dans un pays où l’impunité est malheureusement endémique. »

Dans les semaines ayant précédé le meurtre brutal de Tahir Elçi, il avait été calomnié et arrêté, et des poursuites injustifiées avaient été ouvertes contre lui. Il recevait par ailleurs de nombreuses menaces de mort, dont il parlait ouvertement, mais les autorités n’ont mis en place aucune mesure visant à le protéger.

Cette campagne d’intimidation faisait suite à des propos qu’il avait tenus durant une émission télévisée. Il avait notamment déclaré que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) n’était pas une organisation terroriste mais un mouvement politique armé bénéficiant d’un soutien populaire. Peu avant son meurtre, Tahir Elçi avait dit à la presse : « Nous ne voulons pas d’armes à feu ici, ni d’affrontements ou d’opérations [de police]. »

Türkan Elçi, la veuve de Tahir Elçi, a déclaré : « Une plaie profonde s’est ouverte dans la conscience de la société le jour où un avocat qui croyait à la lutte contre la guerre et la violence a été abattu au vu de tous. Si nous avons dû attendre cinq ans pour que des poursuites soient ouvertes, nous continuons à espérer que justice sera faite. Nous n’avons pas renoncé à croire au droit. »

COMPLÉMENT D’INFORMATION

La première audience dans le cadre du procès de trois policiers et d’un militant présumé du PKK débutera mercredi 21 octobre à la cour d'assises spéciale n° 10 de Diyarbakir.

Amnesty International Turquie sera présente pour observer le début de ce procès attendu de longue date, aux côtés de dizaines d’avocat·e·s, de défenseur·e·s des droits humains, de militant·e·s et d’autres.

En 2015, le minaret carré de Diyarbakır, emblématique de cette ville, a été endommagé lors d’affrontements armés entre les forces turques de sécurité et des membres du PKK armé. Deux jours plus tard, Tahir Elçi s’est exprimé lors d’une conférence de presse sur ce site, afin de réclamer la fin des violences. Lorsque la conférence de presse s’est achevée, des policiers présents sur place ont ouvert le feu sur deux membres présumés du PKK armé, qui descendaient en courant la rue où se trouvait Tahir Elçi, à côté du monument.

L’enquête sur son homicide présentait des failles : la zone n’a pas été immédiatement sécurisée, et près de quatre mois se sont écoulés avant l’ouverture d’une enquête approfondie sur la scène du crime. Les policiers présents sur place ont seulement été interrogés en qualité de témoins.

À l’époque de son meurtre, Tahir Elçi était le président du barreau de Diyarbakır, organisation qui a demandé au groupe de recherche Forensic Architecture, basé au Royaume-Uni, de se pencher sur ce cas. Le rapport de Forensic Architecture et la vidéo qui l’accompagne sont disponibles ici et ces documents ont été soumis au parquet en 2019, fournissant la base de l’inculpation prononcée en mars 2020. C’est après que les autorités ont examiné ces éléments de preuve que les trois policiers ayant fait feu ce jour-là ont été interrogés en tant que suspects. Ils sont désormais poursuivis en justice.

Tahir Elçi a représenté des familles de personnes ayant été victimes de violations des droits humains aux mains des forces turques de sécurité - notamment de disparitions forcées et d’homicides illégaux par des représentants de l’État. Pendant de nombreuses années, il a joué un rôle essentiel en représentant des victimes de ces crimes devant les tribunaux turcs et la Cour européenne des droits de l’homme, a aidé à établir des dizaines d’organisations de défense des droits humains en Turquie, et a travaillé étroitement avec des groupes internationaux de protection de ces droits, notamment Amnesty International.

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2020/10/turkey-hopes-of-justice-for-assassinated-human-rights-lawyer-as-three-police-officers-go-on-trial/

Presse arménienne : Revue du 22 octobre 2020

 


Info Collectif VAN - www.collectifvan.org – Le Collectif VAN vous présente cette Revue de Presse parue sur le site de l'Ambassade de France en Arménie le 23 octobre 2020.

 

Ambassade de France en Arménie

 

Revue de la presse arménienne du 22 octobre 2020

La guerre se poursuit/ Le représentant du Ministère arménien de la Défense (MDD), Artsrun Hovhannisyan, a déclaré que le 21 octobre les batailles avaient continué dans toutes les directions depuis le petit matin. Selon lui, les combats se sont poursuivis également au centre. Il a également déclaré que le travail des médecins sur la ligne de front était difficile et dangereux, car l'adversaire bombarde les ambulanciers travaillant sur la ligne de front et même les hôpitaux. Les forces armées azerbaïdjanaises continuent de bombarder la ville de Martakert au Karabakh et les villages voisins. La situation dans la nuit du 21 au 22 octobre a été « relativement stable-tendue » avec des batailles d'artillerie reprenant dans des parties individuelles du front. Selon le MDD, l'adversaire a fait des tentatives d'incursion de sabotage dans la direction centrale, qui ont été contrecarrées avec succès par les unités de l'armée de défense. La partie arménienne a fait état de 834 victimes militaires depuis le début du conflit. « Il s'avère que nous avions un missile balistique intercontinental Yars mais nous ne le savions pas » a réagi sarcastiquement le MDD arménien aux informations diffusées par l'Azerbaïdjan. L’infocentre arménien a publié des photos sur l’utilisation par les forces azerbaïdjanaises des pièces d'artillerie automotrices de 152 mm du DANA tchèque. La presse locale cite l’article de France24 sur les vidéos géolocalisées attestant de la présence de combattants syriens au Haut-Karabakh. Commentant l'annonce du vice-président de Turquie, Fuat Oktay, selon laquelle la Turquie est prête à envoyer ses troupes en Azerbaïdjan si Bakou en fait la demande, le directeur de l'Institut des études orientales de l'Académie nationale des sciences arménienne, Ruben Safrastyan, a déclaré que cette annonce visait à encourager l'Azerbaïdjan à poursuivre les combats.

 

 

 Rencontre des MAE arménien et russe/ Le Ministre russe des Affaires étrangères a eu des réunions séparées avec ses homologues arménien et azerbaïdjanais à Moscou. Dans un communiqué sur la rencontre, le Ministère arménien des Affaires étrangères (MAE) a indiqué que Mnatsakanyan a déclaré à Lavrov que les accords conclus restaient sur le papier « en raison de la position perfide de l'Azerbaïdjan » et de ses mesures visant à déstabiliser la situation. Réitérant l'engagement de l'Arménie envers les accords sur la cessation des hostilités conclus les 10 et 17 octobre par des déclarations communes, Mnatsakanyan a souligné que l'établissement d'un cessez-le-feu durable maintenu par des mécanismes de vérification était l’objectif premier.

 

 Pachinian : à ce stade, le conflit du Haut-Karabakh ne peut pas avoir de solution diplomatique/ Lors d’un live Facebook, Nikol Pachinian a déclaré qu'à ce stade, le conflit du Haut-Karabakh ne pouvait pas avoir de solution diplomatique, puisque l'Azerbaïdjan ne veut le résoudre que par des méthodes militaires et que la capitulation du Karabakh est la seule option acceptable pour la partie azérie. Selon lui, l’Arménie avait déclaré à plusieurs reprises être prête à résoudre le problème par des concessions mutuelles, mais l’Azerbaïdjan a rejeté les options potentiellement acceptables pour l’Arménie. Il a exhorté les Arméniens à rejoindre les forces armées. Pachinian a déclaré que l'Azerbaïdjan poursuivait des opérations militaires offensives en utilisant « ses dernières réserves ». Selon lui, dans ces circonstances, les Arméniens n'ont pas d'autre choix que de continuer à se battre « jusqu'à ce qu'il soit possible de parvenir à une option acceptable sur le plan diplomatique ». Pachinian a ensuite exhorté les chefs des collectivités locales, des partis politiques, des ONGs et d'autres groupes à former des unités de volontaires qui rejoindraient les troupes au front. « L’avenir du peuple arménien dépend d’une personne et cette personne est toi » a déclaré le Premier ministre. Au moment de la rédaction de cette revue, les Maires d’Erevan, de Gumri, d’Etchmiadzin et le gouverneur de la région de Lori ont répondu à l’appel de Pachinian en annonçant la formation de tels groupes dans leurs communautés. Notons que l'appel de Pachinian a été lancé quelques heures après la rencontre entre Mnatsakanyan et Lavrov à Moscou. Pachinian a salué la Russie pour avoir fait de son mieux pour mettre fin aux hostilités et relancer le processus de paix au Karabakh. Selon lui, Moscou remplit également son rôle d'allié stratégique de l'Arménie et du peuple arménien. La porte-parole de Pachinian a déclaré plus tard à la presse que l'Arménie était et restait toujours prête pour un règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh et appréciait grandement les efforts de médiation des pays coprésidant le groupe de Minsk de l'OSCE, en particulier de la Russie.

 

MAE arménien : le conflit du Haut-Karabakh peut être résolu exclusivement par des moyens pacifiques/ Tard le soir le MAE arménien a publié une déclaration accusant le MAE azerbaïdjanais d’avoir « publié une déclaration manipulatrice, qui tente de présenter la position de l'Azerbaïdjan et de la Turquie, qui rejettent le règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh, comme étant l'approche de la partie arménienne ». Selon le MAE, l'Arménie soutient l'application inconditionnelle des accords de cessez-le-feu des 10 et 17 octobre. « Parlant constamment de positions qui excluent le règlement militaire du conflit, nous soulignons une fois de plus que le conflit du Haut-Karabakh peut être résolu exclusivement par des moyens pacifiques dans le cadre de la coprésidence du Groupe de Minsk de l'OSCE, un format avec un mandat international ». Le MAE a appelé l'Azerbaïdjan et la Turquie à abandonner « leur politique traditionnelle de sabotage des efforts de la communauté internationale ».

 

Pompeo : les pays tiers doivent se tenir à l'écart du conflit du Haut-Karabakh/ La presse rend compte des déclarations du Secrétaire d'État américain Mike Pompeo, selon laquelle il a l'intention de discuter des possibilités de désescalade de la situation dans la zone de conflit du Haut-Karabakh avec les Ministres des Affaires étrangères d'Arménie et d'Azerbaïdjan le 23 octobre à Washington. Selon lui, il s'agit d'une situation diplomatique compliquée et les États-Unis, ainsi que la quasi-totalité des pays européens, considèrent le cessez-le-feu comme la solution pour sortir de cette situation. « Les pays tiers doivent rester à l'écart du conflit, ne pas verser de l'huile dans le feu et ne pas fournir d'armes » a déclaré Pompeo en soulignant que ce n'est qu'après cela qu'il sera possible de parvenir à une solution diplomatique acceptable pour tous.

 

Les anciens Présidents arméniens et du Karabakh ont discuté de la situation au Karabakh/ Les anciens Présidents arméniens Levon Ter-Petrossian, Robert Kocharian et Serge Sarkissian, ainsi que les anciens Présidents de facto du Karabakh Arkady Ghukasyan et Bako Sahakyan ont eu une réunion sur la situation au Karabakh. Les détails de la rencontre n’ont pas été rendus publics, mais la presse note que cette rencontre entre les ex Présidents est remarquable étant donné la longue histoire d'antagonisme mutuel entre les ex-présidents arméniens. Sa Sainteté Karékine II, Patriarche suprême et Catholicos de tous les Arméniens, a également eu une réunion avec les anciens présidents de facto du Karabakh. La presse rappelle que ces derniers ont également eu une réunion avec Nikol Pachinian. La presse cite par ailleurs l’interview de Serge Sarkissian à The Independent : « Mon successeur n'a pas suivi la voie que nous avons suivie avec succès depuis longtemps et a décidé, comme il l'a dit, d'entamer les négociations de son propre point de vue ».

 

Le Président Armen Sarkissian rencontre des hauts fonctionnaires à Bruxelles/ La presse indique que le Président Armen Sarkissian s’est rendu à Bruxelles pour rencontrer le Président du Conseil européen, Charles Michel, le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, le haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, et d'autres hauts fonctionnaires. Après sa rencontre avec Sarkissian, Charles Michel a déclaré qu’il jugeait inadmissible l'implication de forces extérieures dans le conflit du Haut-Karabakh. Jens Stoltenberg a déclaré que l'OTAN était profondément préoccupée par les violations de l'accord de cessez-le-feu qui entraînent de nouvelles victimes. « Il est important que les parties fassent preuve de retenue, respectent le régime de cessez-le-feu et s'assoient autour de la table des négociations » a déclaré le Secrétaire général de l'OTAN. Le Président Sarkissian a déclaré à son tour que la Turquie soutenait l'Azerbaïdjan dans les domaines militaire et diplomatique et amenait également des terroristes dans la région. « Si la Turquie, membre de l'OTAN, cesse d'être partie au conflit, je pense que nous pourrons obtenir un cessez-le-feu et entamer des négociations pour trouver une solution pacifique à ce conflit » a déclaré Sarkissian.

 

Pachinian : la Turquie veut imposer sa présence dans le Caucase du Sud/ « Nous sommes au coeur d'une guerre à grande échelle pré-planifiée, qui constitue une menace pour toute la région » a déclaré Nikol Pachinian dans une interview à l'agence de presse iranienne IRNA. Il a déclaré que l’Arménie saluait toute mesure constructive de l’Iran pour ramener la paix et la stabilité dans la région. Quant aux raisons qui empêches l’instauration du cessez-le-feu, Pachinian a déclaré que la Turquie tentait de saper le cessez-le-feu, car elle s'était fixé des objectifs ambitieux : imposer sa présence dans le Caucase du Sud. Selon lui, ceci devrait être sérieusement pris en considération et les acteurs régionaux devraient exprimer leur position à cet égard. Commentant le fait que des mortiers de la zone de conflit avaient frappé l'Iran à plusieurs reprises et de nombreux drones étaient entrés dans le ciel iranien (cf. revue du 21 octobre 2020), Pachinian a assuré que la partie arménienne faisait tout son possible pour veiller à ce qu'aucun mal ne soit fait à l'Iran ami et que ceci ne se reproduise plus.

 

La guerre et l’économie/ Le gouvernement arménien a validé l’interdiction temporaire sur les importations de produits finaux fabriqués en Turquie à partir du 31 décembre 2020 (cf. revue du 17 au 19 octobre 2020). Le Parlement a adopté en première lecture le projet de loi rédigé par le Cabinet qui prévoit de permettre aux banques et aux organismes de crédit d'initier des allègements de dettes et d'annuler les dettes sans conséquences fiscales des personnes qui sont mortes ou ont souffert d'un handicap à la suite de la guerre au Karabakh. Les familles des victimes sont également couvertes par la décision. Le parlement a également approuvé les projets de loi sur les privilèges fiscaux pendant la loi martiale.

 

68530 cas confirmés de coronavirus/ Au moment de la rédaction de cette revue, les autorités ont confirmé 68530 cas de coronavirus dans le pays dont 49219 ont été guéris et 1121 patients sont décédés.

 

Rédaction : Lena Gyulkhasyan

 https://am.ambafrance.org/-Octobre-2020-