Ce blog vient en complément du site du Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme] (www.collectifvan.org). Le Collectif VAN lutte contre le négationnisme d'Etat de la Turquie qui, près d'un siècle après les faits, refuse toujours de reconnaître le génocide arménien de 1915 et ses 1 500 000 victimes.

Thursday, May 16, 2013

Turquie/La guerre : une décennie particulière, 1991-1999

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org – Le Collectif VAN vous présente cette analyse publiée sur susam-sokak, le blog d’Etienne Copeaux le jeudi 8 mai 2013.

Légende photo : Commémoration des événements de 1992 à Sırnak, en août 2009 (photo yuksekovahaber.com)

susam-sokak

Mercredi 8 mai 2013

Esquisse n° 38 - La guerre : une décennie particulière, 1991-1999

Des célébrations de Newroz endeuillées par des dizaines de morts, la destruction par les forces étatiques de Sırnak et plusieurs bourgades, l'assassinat de l'intellectuel kurde Musa Anter et de plusieurs journalistes... Ces événements de l'année 1992 sont un énorme choc pour les Kurdes, les démocrates turcs et sont dénoncés à l'étranger. C'est une période noire qui commence, close par la capture d'Apo en 1999 et la victoire apparente de l'Etat.

On a cru que la guerre au Kurdistan allait cesser lorsqu'Öcalan a été brièvement détenu à Rome, en novembre 1998, puis lors de son enlèvement au Kenya en février 1999. Mais depuis que le chef du PKK est emprisonné à Imralı, la guerre a duré aussi longtemps qu'avant sa capture...

A supposer, d'ailleurs, que la guerre ait commencé en 1984 ! Certes, cette date est celle du début de l'insurrection armée du PKK, mais il est plus juste de considérer la date de 1925 comme le début des hostilités entre les Kurdes et l'Etat turc. En fait, le problème kurde était implicitement contenu dans les quatorze points de Wilson (janvier 1918) : « Aux régions turques de l'Empire ottoman actuel devraient être assurées la souveraineté et la sécurité ; mais aux autres nationsqui sont maintenant sous la domination turque on devrait garantir une sécurité absolue de vie et la pleine possibilité de se développer d'une façon autonome ».

Ces « autres nations » sont les non musulmans et les Kurdes de l'Empire. Le traité de Sèvres (1920) a tenu compte des idées de Wilson et visait à démembrer l'Empire, prévoyant entre autres l'existence d'un Kurdistan au sud-est de l'Anatolie, sous protection française et britannique. Le souvenir de ce projet de démembrement reste, jusqu'à nos jours, une blessure vive dans la mémoire nationale, comme le souligne Hamit Bozarslan dans son ouvrage La Question kurde: « Le souvenir du démembrement[…] est décisif dans l'évaluation de l'enjeu que représente la question kurde » 1.

Après 1923, la victoire de Mustafa Kemal rend le traité de Sèvres nul et non avenu ; la république de Turquie, sur une base territoriale incluant toute l'Anatolie, est reconnue par le traité de Lausanne. L'idée de séparatisme est désormais inacceptable et ne peut plus s'appuyer sur les textes internationaux. L'unité et l'indivisibilité sont les pierres de touche du nouvel Etat, mais l'idéologie d'alors n'envisage pas l'union de plusieurs peuples ou cultures en un seul pays, mais l'union des Turcs musulmans dans une république construite pour eux. Les Arméniens ont déjà été « éliminés », et les orthodoxes sont expulsés en 1922 puis en 1955-1960. Dans ses écrits des années 1990, Hamit Bozarslan cite des propos terrifiants - s'ils sont authentiques - du président Cemal Gürsel (1960-1966) ou du théoricien panturquiste Nihal Atsız, qui promettent aux Kurdes l'anéantissement de leur peuple en cas de soulèvement 2.

Lire la suite sur susam-sokak le blog d'Etienne Copeaux :

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